Mardi 4 août 2009
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15:37
Comme beaucoup j’ai été (et suis) excédé par la « bipolarisation » de notre vie
politique, plus particulièrement de la manière dont elle se pratique dans le système « UMPS » qui est « aux
affaires »
Il faut dire qu’elle est encouragée et renforcée par notre système électoral, et surtout par la pratique que nous en avons, de par les « dérives » qu’il produit.
* Peu de place est laissée aux formations qui « dérangent les habitudes » par les responsables de
l’UMP et ceux du PS. Car la réalité est là : ce ne sont pas les militants de ces formations qui « copinent » entre eux, mais il y a, un confort évident chez les dirigeants
des deux formations de ne reconnaître comme opposant que l’autre.
* Les dirigeants du PS craignent de se faire déborder sur leur gauche, par le NPA, ou J-P. Mélenchon : ils cherchent ainsi à
proposer à ceux-ci des « accords », des « projets communs », etc. C’est ainsi que F. Mitterrand a pratiqué lors du « Programme commun », avec le parti communiste et
les radicaux de gauche. Le résultat en a été l’anéantissement électoral des deux partis. Leur asservissement. S’ils existent encore, via la présence d’élus, c’est uniquement par le « bon
vouloir » du PS.
* A l’UMP est pratiquée la technique de « l’intégration ». Ainsi les radicaux valoisiens, puis les
« détournés » de la gauche (comme Besson), ou encore le courant chrétien de C. Boutin, sont purement et simplement devenus des « composantes » de l’UMP. Cela permet
au président Sarkozy de décider de la réelle importance qu’il veut leur laisser avoir. Comme il fait d’ailleurs avec le Nouveau centre, qui subit le même traitement que le PC a eu de la part du
PS. Cette formation passera sûrement bientôt « à la trappe » de la vie politique française…
Ces deux grandes formations s’organisent donc très bien entre elles : elles se « partagent » le pouvoir, en quelque sorte. Cela est tellement vrai, que les
diverses « cohabitations » sous Mitterrand ou Chirac se sont très bien déroulées….du moins pour les deux « machines à broyer les
différences »
Le fait est que tout cela est plus du
bipartisme que de la bipolarisation. Les électeurs français en veulent-ils ? Les résultats électoraux prouvent que non !
François Bayrou, avec 19 % des voix en 2007 (6, 9 millions de voix), a failli « bousculer » ces arrangements « d’états-majors ».
Mais l’Etat UMPS est tellement bien
organisé que les élections législatives qui ont eu lieu dans la foulée n’ont donné qu’une poignée d’élus du MoDem à l’Assemblée Nationale, alors que le PC avec moins de…2 % ( 700 000
voix) se retrouve avec un groupe parlementaire (minimum 20 élus). Les seconds ont fait « allégeance » au système, pas les premiers : c'est toute la
différence.
De tous ces résultats, je crois qu’il faut retenir plusieurs leçons. Tout d’abord, le bipartisme « de fait » est ce vers quoi veulent nous entraîner les dirigeants UMP ou PS.
Preuve en est l’accord trouvé entre les deux lors des débats et du vote de la réforme constitutionnelle voulue par le Président Sarkozy. Le PS, jadis partisan d’un minimum de
« proportionnelle » dans l’élection des députés, n’en a plus fait état… La crainte d’être affaibli sur sa gauche comme sur sa droite ? Le système les arrange bien
de trop !
La réduction du mandat présidentiel à 5 ans a peut-être été une bonne chose, mais si nous votions le même jour pour les députés et pour le Président de la République : cela
donnerait sûrement des résultats reflétant plus la volonté populaire.
L’inquiétude de ceux qui veulent
« bâillonner » une partie importante de la population est tout à fait justifiée
En fait : nous sommes entrain d’évoluer vers une réelle « bipolarisation », à l’anglo-saxonne, avec deux courants. Un courant « démocrate/progressiste » et un
courant « conservateur/libéral ». Des personnes de l’UMP et du PS actuels se retrouveront ensemble dans l’un ou l’autre de ces courants : ce sera plus clair que les
ralliements.auxquels nous assistons.
Beaucoup attendent que le courant socialiste de « Désir d’avenir » et le courant démocrate du « Modem »se retrouvent afin de générer l’élan progressiste dont le pays a
besoin. Ce sera, de toute façon, une obligation en 2012, notre constitution ne permettant qu’aux deux candidats arrivés en tête de concourir au 2ème
tour.
Il serait temps que les états-majors
cessent d’avoir peur de le dire : ils devront gouverner ensemble, par la force des choses et dans l’intérêt national. Aux Etats-Unis, il y a
des primaires ? Nous, nous avons un premier tour. Le deuxième tour de 2012 devra être la première élection présidentielle d’un nouveau modèle. Face au Président sortant, candidat des
conservateurs, restera en lice celui ou celle qui aura mission de porter le projet progressiste.
C’est seulement à ce moment là que l’on
constatera que le régime des appareils, entretenu par les apparatchiks de tous bords, aura vécu.
Celui ou celle qui gagnera ce duel
au sommet, sera celui ou celle qui aura été capable de parler vrai et de faire de sa différence le catalyseur des énergies